[ 04/03/2010 11:11 ] Irmine Lavalade injecte un anti-hémorragique dans le cou de Couette, une vache de race pie rouge des plaines, qui souffre de coliques : elle fait partie de l'équipe de vétérinaires mobilisés jusqu'au 7 mars à la Porte de Versailles pour soigner les quelque 3.200 animaux du Salon de l'Agriculture.
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La passion pour les animaux a poussé cette femme de 43 ans d'origine basque à étudier pendant sept ans à l'école vétérinaire de Toulouse pour obtenir son diplôme de vétérinaire en 1991 "au prix de nombreux efforts et sacrifices". "J'ai toujours voulu être véto. Depuis ma petite enfance où je vivais à la compagne avec des animaux", raconte Irmine qui exerce à Samatan dans le Gers. La profession se féminise de plus en plus, surtout depuis une dizaine d'années. "Lorsque j'ai fait mes études, nous étions environ 50% de filles" dit-t-elle. "Les promotions de 2008 et 2009 comptent près de 80% de femmes", poursuit cette grande femme brune d'un mètre quatre-vingts. En 2009, parmi les 15.729 vétérinaires inscrits à l'Ordre des vétérinaires, 38% étaient des femmes. Un phénomène qui devrait encore s'accentuer en raison de la forte proportion d'étudiantes dans les quatre Ecoles nationales Vétérinaires (70% à 80%), selon les professionnels. "Le métier se féminise notamment car les filles sont plus scolaires que les garçons et plus motivées pour suivre de longues études", analyse Irmine. En revanche dans l'exercice de la profession "il n'y a pas de différence", selon elle. La vétérinaire de campagne soigne aussi bien les chiens que les vaches, les cochons et les NAC (nouveaux animaux de compagnie). "Dans le rapport avec l'animal, nous sommes à égalité avec les hommes, même si nous sommes plus sensibles et moins fortes qu'eux physiquement", dit-elle. "Mais pour soigner les chevaux et les vaches qui sont des animaux puissants, une bonne technique pallie le manque de force", commente la praticienne. Irmine qui se définit comme "soigneur généraliste" avoue que son activité est "passionnante mais contraignante". "Lorsqu'on est de garde et que l'on doit se réveiller en pleine nuit pour aller soigner une bête, il faut vraiment avoir la foi", témoigne cette mère d'une adolescente, qui tente au mieux de "concilier sa vie professionnelle et familiale". "Aujourd'hui, heureusement les hommes participent davantage à la vie de famille ce qui permet aux femmes de ne plus sacrifier leur vie professionnelle", déclare-t-elle. De son côté, Dona Sauvage, secrétaire générale de l'Ordre des vétérinaires, évalue "la féminisation du métier de vétérinaire à une trentaine d'années". "Un phénomène qui n'a fait qu'augmenter au fil des ans". "Ces dernières années, les femmes ont eu plus facilement accès aux longues études et notamment aux études scientifiques", explique-t-elle. "Elles sont aussi plus attirées que les hommes par les professions de soins qui nécessitent de l'empathie". "Avec un revenu moyen mensuel de quelque 5.000 euros brut, cette profession libérale séduit moins les hommes en quête de gros revenus que les femmes qui préfèrent exercer un métier qui les passionne", constate Mme Sauvage.
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