Sarkozy a "beaucoup de difficultés avec le monde paysan"
[ 26/02/2010 10:07 ] Le président Sarkozy a "beaucoup de difficultés avec le monde paysan", a estimé aujourd'hui le président de la FNSEA Jean-Michel Lemétayer, déplorant que le chef de l'Etat ne vienne qu'à la fin du salon de l'agriculture qui ouvre samedi à Paris.
"On aurait bien aimé qu'il inaugure le salon de l'agriculture; cela aurait été un signe de sa volonté de défendre cette profession", a dit sur Europe 1 le président du principal syndicat agricole français, qui doit par ailleurs rencontrer mercredi M. Sarkozy pour lui demander une rallonge au plan de soutien au secteur. Contrairement à ces deux dernières années, le président n'inaugurera pas le salon samedi, mais le clôturera le dernier week-end, "plutôt le samedi 6", a indiqué jeudi l'Elysée. A la question de savoir si les agriculteurs et le président se "comprennent", M. Lemétayer a répondu: "je pense qu'il n'y a pas toute la compréhension, parce que le président Sarkozy a beaucoup de difficultés avec la campagne, avec le monde paysan". Il a cité à l'appui un sondage Ifop, publié vendredi dans Le Figaro, faisant état d'une baisse de la popularité de M. Sarkozy auprès du monde paysan: le chef de l'Etat recueille 47% d'opinions favorables, contre 56% il y un an. Interrogé sur ses relations avec le chef de l'Etat, M. Lemétayer a déclaré qu'il "parlait" au président et qu'il allait "même" le rencontrer "mercredi prochain (...) pour lui faire part de la réalité de la situation" des agriculteurs et ce qu'ils attendent de lui, "notamment sur le plan européen". M. Lemétayer entend également lui demander "à ce que soit complété le plan de soutien" à l'agriculture. En effet, "le ballon d'oxygène que nous avons obtenu est insuffisant parce qu'il y a de fortes demandes chez les banquiers", a-t-il dit. "C'est maintenant que les producteurs ont besoin de trésorerie", a-t-il insisté. Le président avait annoncé fin octobre à Poligny (Jura) un plan comportant 650 millions d'euros de "soutien exceptionnel de l'Etat" et un milliard d'euros de prêts bonifiés pour permettre à l'agriculture de faire face à une crise "absolument exceptionnelle". La FNSEA voudrait obtenir une rallonge du montant de ces prêts à taux réduit, a précisé son porte-parole.