Dans un avis consultatif voté mardi, les eurodéputés estiment en effet que les 90 millions d'euros prévus pour l'année scolaire 2009/2010 par la Commission européenne, qui ne permettent de distribuer qu'une portion par élève chaque semaine, ne suffisent pas "pour modifier une habitude alimentaire ou influer sur la santé publique". Un tel programme devrait consister en une portion de fruit par jour et par élève et ne pas être limité aux enfants scolarisés de 6 à 10 ans, soulignent les eurodéputés. Dans l'UE, près de 22 millions d'enfants sont en surpoids et plus de 5 millions souffrent d'obésité. "Quand un enfant mange beaucoup de fruits et légumes, il le fera plus souvent aussi en tant qu'adulte, ce qui permet de prévenir surpoids et obésité", se réjouit la sociale-démocrate allemande, Jutta Haug. "Nous sommes néanmoins conscients que sans une réelle prise de conscience et une bonne éducation diététique à l'école, sans un changement radical dans la Politique agricole commune, ce programme en faveur de la consommation des fruits ne sera qu'une goutte d'eau dans la mer", prévient de son côté l'écologiste française Marie-Hélène Aubert. L'idée d'une telle distribution a germé lors d'une réforme du mécanisme de subventions au secteur des fruits et légumes intervenue l'an dernier dans l'UE. Plutôt que de retirer des fruits du marché et de les détruire, dans le but de soutenir les prix, il est désormais prévu de les utiliser pour les distribuer gratuitement dans les écoles. Si le Parlement souhaite que le programme encourage "des fruits de saison, régionaux et si possible bio", il a également voté un amendement qui autorise le recours aux fruits et légumes en conserve, ce que critiquent les Verts.
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