Les entreprises ostréicoles en difficulté devraient par ailleurs se voir consentir un report des cotisations salariales et patronales, selon le communiqué du ministère publié à l'issue d'une réunion avec les acteurs de la filière. "Michel Barnier a invité les préfets à saisir le Comité national de l'assurance en agriculture (CNAA) afin que le caractère de calamité agricole puisse être reconnu pour ce sinistre", a déclaré le ministère. Des comités départementaux ont été constitués afin d'évaluer les pertes et identifier les entreprises les plus touchées par les "très fortes mortalités d'huîtres juvéniles et de naissains" (larves d'huîtres) survenues "dans la plupart des bassins de production" français. Le montant des indemnités n'est pas encore connu. Il sera fixé plus tard par le CNAA. Cet organisme, qui remplace l'ancienne Commission nationale des calamités agricoles (CNCA), est présidé par un conseiller-maître à la Cour des Comptes, et regroupe des représentants des organisations professionnelles agricoles, du ministère de l'Agriculture, du ministère des Finances et des compagnies d'assurances. La réunion, à laquelle participaient les professionnels, les représentants de l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer), de l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) et des services du ministère, a conclu "à la nécessité d'interdire provisoirement l'immersion de jeunes huîtres et de naissain en milieu naturel". L'Ifremer a confirmé que les "mortalités exceptionnelles" des naissins résultaient de la conjonction de plusieurs facteurs. Des causes climatiques (hiver doux, printemps humide engendrant dessalures --diminutions du taux de salinité-- et poussées phytoplanctoniques, suivi de fortes remontées de températures en mai) ainsi que la présence d'un agent pathogène ont ainsi entraîné l'affaiblissement physiologique des naissins. Les essais de réensemencement lançés il y a deux semaines dans chaque bassin sont "encourageants" selon le ministère, qui souligne qu'il faut encore attendre une semaine pour confirmation. La France, premier producteur européen et quatrième mondial, derrière la Chine, le Japon et la Corée du Sud, compte 15.000 à 20.000 ostréiculteurs, qui produisent 130.000 tonnes d'huîtres par an.
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