[ 07/08/2008 14:04 ] Depuis une quinzaine de jours, le Togo subit de graves inondations suite à des pluies diluviennes. Le Sud du pays est tout particulièrement touché : champs et cultures ravagés, villages détruits, ponts effondrés… Agronomes et Vétérinaires sans frontières (AVSF), ONG présente aux côtés des paysans du pays depuis 15 ans, pour leur permettre de développer durablement leur agriculture et leur élevage, tire la sonnette d’alarme sur conséquences de ces inondations sur les récoltes à venir. |
Alors que mardi dernier, le premier ministre togolais, Komlan Mally, a lancé depuis Lomé un appel à la communauté internationale et qu’une équipe française a été envoyée sur place pour étudier les possibilités de remettre un pont en état, peu d’initiatives sont encore prises pour venir en aide à la population rurale, dont la production est pourtant anéantie par ces intempéries.
Le Togo est un pays essentiellement agricole, et déjà durement touché par la hausse des prix alimentaires depuis le début de l’année 2008. Le riz, la farine de blé, la poudre de lait avaient alors connu des augmentations atteignant parfois 30 % en milieu urbain. Le bol (1) de maïs coûte actuellement 850 FCFA à Kara, 750 FCFA à Dapaong (les deux grandes villes en dehors de Lomé la capitale) contre 350 FCFA en avril dernier soit une hausse de 142% ! Les prochaines récoltes dans ces deux régions ne sont pas prévues avant deux mois.
Ces inondations frappent d’autant plus gravement les familles paysannes qu’elles ont en période de soudure, c’est-à-dire que les réserves de l’année passée sont épuisées, alors que les récoltes de l’année en cours n’ont pas encore commencé. De plus, la raréfaction des denrées alimentaires durant cette période entraîne une augmentation des prix. D’importants efforts avaient été faits par le gouvernement togolais pour améliorer la production agricole, après la crise d’avril dernier, mais ils sont réduits à néant. Dans la situation actuelle, « La tentation des autorités serait d’encourager les actions d’urgence (2)», souligne Charles Eric Bebay, coordinateur national d’AVSF au Togo, « mais cette intervention est indissociable d’actions de développement permettent à moyen et long terme de reconstituer les capacités de production agricole des familles sinistrées : reconstitution du cheptel familial et réhabilitation des poulaillers, porcheries et bergeries détruites, fertilisation des sols sur les terres pauvres, diversification des activités rurales, formations… ».
AVSF agit au Togo pour relancer la production vivrière nationale, au niveau de l’élevage comme de l’agriculture. En effet, cette production recule depuis plusieurs années, rendant le pays de plus en plus dépendant des importations alors que la population augmente. Sur le terrain, AVSF forme les paysans et paysannes aux soins vétérinaires de base et à des techniques naturelles d’amélioration de la production (fertilité des sols, semences, petite mécanisation….). « Dans l’état actuel de la situation, nos activités seront concentrées aux localités accessibles, puisque 9 ponts essentiels à la circulation sont aujourd’hui détruits », précise Charles Eric Bebay. « Toutefois, l’association reste active pour contribuer à l’évaluation exhaustive des dégâts, et’à la définition et la mise en œuvre des alternatives agricoles, immédiates et futures, qui permettront à ces populations de retrouver leurs capacités de production. Enfin, nous comptons intensifier notre présence aux côtés des paysans non des zones non affectés afin que l’augmentation de la production agricole nationale espérée puisse contrecarrer la flambée des prix. » Pour ceux qui souhaitent apporter leur soutien aux familles paysannes togolaises, rendez vous sur www.avsf.org.
|