Le bilan de la politique agricole en faveur de la montagne est jugé positif : le rythme des installations est dans tous les massifs meilleur qu’ailleurs, la déprise n’est pas significative, les alpages et les estives sont maintenus grâce à une attention constante portée aux systèmes pastoraux, le potentiel de production est partout sauvegardé.
Mais ce succès est relatif : après des années d’amélioration, le revenu des agriculteurs de montagne ne s’est plus rapproché de la moyenne nationale au cours des 10/15 dernières années ; un écart global demeure de l’ordre de 35%.
Ce bilan globalement positif ne s’applique pas à la politique forestière. Pour autant, le rapporteur estime que des menaces pèsent sur l’agriculture et la forêt de montagne : - Un « bilan de santé » de la PAC qui conduirait à un découplage catastrophique ; - La diminution des aides du « 2ème pilier » ; - La « banalisation » de la politique agricole et forestière en montagne fondée sur des aides socio-structurelles, mais « rattrapée » par l’extension des aides directes et leur découplage partiel ou total: il est pourtant illusoire de penser supprimer les soutiens couplés comme l’appui renforcé aux filières.
Pierre Morel-A-L’Huissier affirme, toutefois, que « l’amélioration durable des revenus proviendra de l’aptitude des montagnards, agriculteurs et forestiers, à développer des démarches collectives de progrès, conduisant à l’organisation de filières de qualité ; il faut aussi affirmer que ces démarches doivent être élaborées avec les responsables locaux du développement au sein des instances créées dans ce but associant élus, consulaires et représentants professionnels et associatifs. »
Pierre Morel-A-L’Huissier formule un certain nombre de propositions sur le soutien à la production agricole d’une part, et d’autre part sur le maintien à niveau du « 2ème pilier » et la mobilisation d’autres moyens financiers. Pour Michel Barnier : « Cette réflexion doit également conduire à une meilleure coopération de tous les espaces montagnards européens qui présentent des spécificités identiques liées aux handicaps naturels permanents » Michel Barnier souhaite maintenant intégrer ces réflexions et ces propositions dans les travaux en cours du bilan de santé de la PAC.
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